par Hervé Laurent
publié le

Protège ta Bande

Un grand MERCI à la vingtaine de participants à l’opération « Protège ta bande » de ce vendredi soir. De 19h00 à 20h30, nous avons empêché les véhicules de stationner sur la nouvelle bande cyclable du carrefour Alsace-Lorraine/Carnot.

C’est autant de risques d’accident qui ont été écartés, et une façon de montrer que l’aménagement n’est pas satisfaisant à cet endroit. Nous en avons profité pour encourager chaleureusement ceux qui ont déjà choisi la “Solution Vélo”

Grâce à cette présence séparant les flux cyclistes et automobilistes, nous avons souligné l’incivisme de certains contrevenants peu scrupuleux et relever l’incohérence de l’aménagement proposé. L’action nous a valu un article dans la république.

Quelques témoignages des faits et discussions qui ont eu lieu sur place :

  • Cette dame à vélo d’un âge avancé qui se déplace à vélo depuis 40 ans (mais aussi à pied et en voiture) et s’arrête pour expliquer qu’elle ne s’est jamais senti autant en danger qu’aujourd’hui, malgré des années de pratique à Paris, à Pau et ailleurs. Pour elle, la multiplication des aménagements (principalement des bandes cyclables) ne permet pas de contrecarrer la forte augmentation des incivilités.
  • Le patron (?) du bar qui nous interpelle pour nous demander ce qu’il doit faire quand un jeune cycliste (11 ans dans son exemple) circule à vélo sur le trottoir devant son bar, perturbant le déplacement des piétons. Réponse : écrire un courrier à la Mairie pour indiquer à l’aménageur qu’une bande cyclable n’est pas suffisamment sécurisante pour les usagers les plus vulnérables.
  • Ces nombreux clients de la pizzeria gênés par notre présence, qui ne savent plus où se garer, arrêtent leur véhicules sur la bordure opposée (au centre du carrefour), se mettent en danger en traversant… alors qu’il y a des places de stationnement à moins de 100 mètres.
  • Cette cliente, à qui on indique qu’elle n’a pas le droit de se garer sur la bande cyclable, qui fait donc l’effort de chercher un stationnement plus loin, et que l’on revoit quelques minutes plus tard, contente d’avoir trouver une place à proximité.
  • Alors qu’on s’apprête à partir, ce couple qui arrête son véhicule sur la bande cyclable, à qui nous faisons la remarque qu’il est possible de se garer à moins de 300 m sur la place du Foirail, et nous répond qu’ils ne sont pas intéressés, et que nous faisons perdre un client à la pizzeria… Sommes-nous responsables de l’aménagement ? Est-ce si difficile de marcher 300 mètres ? Le restaurateur fait-il suffisamment la promotion de son service de livraison à domicile ?

Preuve que l’action a joué son rôle et qu’il n’y a qu’en modifiant l’aménagement que la situation peut définitivement être corrigée : Dès que nous avons quitté les lieux, les comportements dangereux ont repris de plus belle.

Et quand on va au devant des contrevenants, ils ont tous une bonne raison de se comporter ainsi. Ca va de « J’en ai pour une minute », à « Excusez-moi, je sais ce que c’est, moi aussi je fais du vélo » en passant par « Je ne peux pas laisser mes enfants seuls dans la voiture », ou encore « Ah désolé, je n’ai pas vu la bande cyclable, j’ai fait comme celui de devant ».

Les forces de l’ordre ont aussi un rôle à jouer, le temps que l’aménagement soit corrigé. Un stationnement dangereux, c’est une contravention de 135 euros. Après que nous les ayons prévenus plusieurs fois par téléphone, la Police Municipale est-elle venue verbaliser ne serait-ce qu’une fois ces contrevenants ? Faut-il attendre un accident pour qu’ils se déplacent ?

La situation actuelle est en tout cas inacceptable.