par Hervé Laurent
publié le

Résultats du baromètre des villes cyclables pour Pau

Sommaire

Participation à l’enquête Villes Cyclables

Le Baromètre des Villes Cyclables, via l’opération Parlons Vélo de la FUB, a permis de recueillir 113 000 réponses au niveau national, ce qui en fait la plus grande enquête jamais réalisée auprès des cyclistes en France. Les usagers de Pau ont joué le jeu ; les 26 questions du formulaire proposé dans le courant de l’année 2017 ont obtenu 446 réponses locales.

La parité est respectée parmi les participants, qui sont des usagers réguliers de la bicyclette dans les déplacements quotidiens. 86% se déplacent plusieurs fois par semaine à vélo, principalement pour des déplacements utilitaires, ou pour aller au travail ou à l’école.

Structure des répondants

Classement de Pau au baromètre

  • Note: 2,74 / 6
  • Catégorie: 50 000 à 100 000 habitants
  • Moyenne de la catégorie: 2,8 / 6
  • Classement: non classé
  • Climat vélo: E (plutôt défavorable)
  • Réponses valides: 446
  • Réponses pour 1000 habitants: 5,8
  • Disparité des réponses: faible

Parmi les 336 communes qui ont obtenu assez de réponses pour entrer dans le classement, sans surprise, la Ville de Pau est assez mal classée dans sa catégorie (communes de 50 000 à 100 000 habitants). La note de notre ville est de 2,76 / 6, ce qui, à notre grand regret, en fait une ville « plutôt défavorable » à l’usage du deux-roues. A l’inverse de Strasbourg, Grenoble ou La Rochelle, qui prennent la première marche du podium dans leurs catégories respectives. Notons tout de même que parmi les plus grandes villes (plus de 200 000 habitants), Bordeaux se classe troisième de France.

Au-delà de ce mauvais ressenti local, cette étude révèle les points forts et les points faibles de l’univers du deux-roues à Pau. L’association Pau à Vélo, qui représente localement les usagers, ne manquera pas d’en tirer profit, pour agir sur le « climat vélo ».

Analyse détaillée

Il ressort des réponses données que les usagers sont globalement satisfaits des services disponibles en ville, tels que les magasins et ateliers de vente et réparation, ainsi que les services de location. Les professionnels du cycle peuvent s’en féliciter, de même que le Syndicat Mixte des Transports Urbains (SMTUPPP), qui a bien fait de revoir son offre IDEcycle, pour permettre au plus grand nombre de profiter des vélos en libre-service et des locations longue durée.

Il semble que cyclistes et piétons cohabitent bien, notamment dans les rues piétonnes du centre-ville, et que la collectivité a progressé dans la généralisation des double-sens cyclables, qui permettent une réduction des temps de parcours, sans augmenter le risque d’accident, contrairement à la perception de certains automobilistes. Dans la même veine, nous pouvons aussi signaler ici, même si l’enquête n’abordait pas le sujet, que Pau à Vélo félicite la collectivité d’avoir apposé un grand nombre de panonceaux « tourne-à-droite », autorisant le cycliste à franchir avec précaution un feu tricolore rouge, un cédez-le-passage ou un stop. Ce type de décision va dans le sens du développement de l’usage régulier du deux-roues, en facilitant grandement les déplacements en ville.

A l’opposé du spectre des réponses, d’importants points noirs ressortent dans le traitement imposé par la ville aux cyclistes. Il apparaît de façon flagrante que les palois ont peur d’utiliser leur vélo pour circuler dans la ville. La crainte de l’accident semble omniprésente, et plus particulièrement pour les usagers vulnérables (enfants et personnes âgées), ainsi que sur les grands axes urbains et au franchissement des carrefours. Nous reviendrons plus en détail sur la localisation de ces points noirs à Pau.

Il est notablement reproché à la collectivité de ne pas être à l’écoute des cyclistes, et de ne pas mener une politique en faveur du développement de l’usage du deux-roues. A ce jour, aucun plan vélo n’a été communiqué aux usagers ou aux associations les représentants. Nous le ressentons très bien au sein de l’association Pau à Vélo ; nous ne sommes jamais consultés lorsque la ville envisage la construction d’aménagements ou lorsque des travaux de voirie sont lancés en négligeant l’application de la loi LAURE, qui oblige pourtant les collectivités à intégrer des aménagements cyclables lors de la rénovation de voies urbaines.

Les répondants à l’enquête reprochent également à la Ville de Pau de ne pas entretenir les aménagements existants (essentiellement des bandes cyclables non séparées du flux motorisé), et de ne pas proposer d’itinéraire alternatif lorsque des travaux ont lieu sur la voirie.

Comme le montre l’histogramme ci-dessous, sans surprise, les cycladins palois demandent en priorité la construction d’un réseau cyclable complet avec une continuité des aménagements, permettant une circulation plus aisée à vélo.

Points Noirs à Pau

Au travers de questions ouvertes, ce grand sondage nous informe également des points noirs identifiés par les usagers pour circuler à vélo à Pau. Les 361 réponses à ces questions ouvertes ont été analysées par Pau à Vélo pour obtenir la carte des points noirs ci-dessous.

Le lieu le plus souvent cité (plus de 40 réponses) est le Rond-point de l’Université (ou Rond-Point de la Commune). Viennent juste derrière les boulevards Alsace-Lorraine et Tourasse, puis l’ensemble de l’axe Hôpital > Université > Centre-ville (Cours Lyautey / Avenue Dufau / Allées Condorcet et Catherine de Bourbon). Tous ces lieux sont totalement ou partiellement impactés par les actuels travaux de la future ligne de Bus à Haut Niveau de Service Fébus. Les usagers et les associations les représentant sont particulièrement attentifs au soin qui sera pris pour sécuriser ce grand axe Nord-Sud et les intersections avec les différents boulevards transversaux. Nous encourageons aussi fortement la collectivité à s’engager dans la construction d’aménagements sécurisés (séparés du trafic motorisé) sur les boulevards Saragosse, Tourasse, et de la Paix, pour éviter que des accidents se reproduisent sur ces axes.

Au top 10 des axes peu favorables aux deux-roues identifiés par les sondés, figurent également l’autre grand axe Nord > Centre Ville, l’avenue Jean Mermoz, où des accidents à vélo sont régulièrement à déplorer, la rue Carnot, le boulevard de la Paix, les avenues donnant accès à la gare SNCF (Jean Biray / Gaston Lacoste / Napoléon Bonaparte). Citons également au sud de la ville l’étroit pont du XIV Juillet et la rue du même nom, ainsi que les places de Verdun et Gramont, qui ont récemment été rénovées sans donner au vélo la place qu’il mérite.

Comparaison avec d’autres villes de Nouvelle-Aquitaine

Pour mieux comprendre ces résultats et conclure cette analyse, intéressons-nous à des villes de taille comparable dans notre grande région, et plus particulièrement au cas de La Rochelle, qui arrive première de la catégorie des villes de 50 000 à 100 000 habitants au niveau national. La ville côtière doit beaucoup à l’initiative prise dans les années 70 de proposer gratuitement des vélos en libre-service, les fameux vélos jaunes, prédécesseurs des Vélib et consorts. Cette initiative avait par la suite poussé les élus à développer le réseau cyclable de la ville, et être à l’écoute des usagers, à l’image de ce qui s’est produit à plus grande échelle à la même époque aux Pays-Bas. Même si l’engouement a quelque peu chuté depuis, le bénéfice apporté par ces actions se ressent encore aujourd’hui à La Rochelle, comme le montre ce très bon classement national.

En comparant les réponses données par les usagers de Pau et de La Rochelle, une différence notoire est visible dans la perception du déplacement à vélo. Les Rochelais affirment qu’il est agréable de se déplacer à vélo dans leur ville, et qu’ils se sentent en sécurité sur la plupart des voies urbaines, même si la sécurité semble encore insuffisante pour les usagers vulnérables. A contrario, le vol de vélo semble plus fréquent qu’à Pau ; c’est regrettable, mais cela va souvent de pair avec un nombre d’usagers plus important. On ne peut pas être gagnant sur tous les fronts, mais pour éviter le vol et bien des déboires, appliquez les « 5 règles d’or » de la FUB.

Comme le montre cette enquête, à La Rochelle, un grand soin est apporté à l’entretien, au confort et aux indications des aménagements cyclables. Les usagers de la Rochelle notent positivement les efforts consentis par leur ville pour le développement et la communication pro-vélo. Prenons-en de la graine pour faire de Pau une ville favorable à l’usage du vélo !

Soutenez le développement local du vélo ! Adhérez à Pau à Vélo !

Merci pour l’intérêt que vous avez porté à cette enquête et à l’analyse de ses résultats.

Que vous soyez déjà usager régulier du deux-roues à Pau, ou que vous aimeriez le devenir si les conditions étaient plus favorables, rejoignez dès maintenant les adhérents de l’association Pau à Vélo pour participer activement au développement de l’usage du vélo à Pau et dans les communes alentour.

Le formulaire d’adhésion et les informations correspondantes sont disponibles à cette adresse : https://www.cotizasso.com/participation/adhesion/2118 Vous pouvez également nous retrouver sur les réseaux sociaux :

http://www.facebook.com/pauaveloo

http://www.twitter.com/pauavelo

Pau à Vélo est une association loi 1901 membre de la FUB (Fédération française des Usagers de la Bicyclette) et adhérente de l’AF3V (Association Française de développement des Véloroutes et Voies Vertes)