par Sébastien Lamy
publié le

Vélorution estivale et fleurie à Pau

Donnons sa chance au vélo !

Tel était le slogan de la vélorution estivale et fleurie qui s’est déroulée à Pau le vendredi 13 du mois de juillet 2018.

Une petite centaine de participants était au rendez-vous. Slogans, fleurs, tenues estivales, sono, journalistes de “la rép” : tout était là pour un moment festif et revendicatif.

Le principe de la vélorution: les cyclistes assurent leur sécurité par le nombre, en occupant pleinement la route qui redevient alors une rue.1

Dans l’agglomération paloise, l’espace public est essentiellement dédié aux déplacements motorisés. Cette réalité ne répond plus aux enjeux présents : pollution, sédentarité, insécurité routière, effet de serre, bruit, bouchons, encombrement au dépens de la vie sociale, urbanisation démesurée au dépens des terres cultivables et de la proximité, coût des transports. Tout plaide pour que le vélo soit désormais le grand favorisé des modes de déplacement, et qu’un système vélo complet soit mis en place dans l’agglo.

A Pau et dans l’agglo, nombreux sont ceux qui souhaitent se déplacer à vélo pour contribuer à leur bien être et à celui des autres. Mais ils sont presque aussi nombreux à penser que se déplacer à vélo à Pau ou dans l’agglo, c’est mettre sa vie en danger. Les vélorutionnaires du 13 juillet 2018 ont donc interpellé le maire sous sa fenêtre :

Le maire
à vélo!

Le maire
à vélo!

Le maire
à vélo!

Pau a été très mal classée au baromètre des villes cyclables sorti ce printemps (classement E : plutôt défavorable au vélo). Contrairement aux engagements de campagne de M. Bayrou, les aménagements cyclables existants ne sont pas entretenus (engagement 5 et engagement 11), l’accès au centre ville reste très peu sécurisé à vélo (engagement 6) et de nombreux aménagements nouveaux n’ont pas su donner au vélo la place, la priorité et la sécurité qu’il mérite (engagement 4). Place Gramont par exemple, le vélo se trouve en montée (donc à un rythme lent) sur une voie étroite, et sans aucune signalisation qui interdise aux voitures de le dépasser. Même en zone 30, celui qui se déplace à vélo se sent en danger sur cette voie à fort transit. Il y avait pourtant largement la place de faire des pistes cyclables lors de sa rénovation, mais la municipalité à préféré augmenter la surface dédiée au parterre fleuri central.

Et des cyclistes fleuris, ça peut avoir une augmentation de surface dédiée?

Oui : en formant un gros bouquet pour s’approprier entièrement la place Gramont ! Les cyclistes fleuris ont commencé par insister en faisant trois fois le tour, et ont trouvé ça si chouette qu’ils ont fait deux tours bonus, poussant à bout la patience des conducteurs motorisés bloqués aux entrées.

Ces cinq petits tours à vélo ont pourtant provoqué beaucoup moins de bouchons que les grands tours du circuit de Pau en voiture de course ! (et fait beaucoup moins de bruit, et coûté beaucoup moins cher…)

Avant d’arriver au Hédas, comment oublier cet escalier place d’Espagne dont la rampe d’accès initialement prévue a été abandonnée ?


plan de la rampe d’accès initialement prévue place d’Espagne

Au côté de “Ville Partagée”, Pau à Vélo avait protesté contre cet abandon lors de l’inauguration de la place d’Espagne en décembre 2017.

Une fois l’obstacle passé, les vélorutionnaires ont pu tourner autour d’une planète dessinée à la craie sur la place Récaborde pour l’occasion, avant de déployer le slogan des cycladins sur une banderole géante.

Mais que serait une vélorution sans un bike salute final ?

L’orage du soir s’était retenu jusqu’à l’auberge espagnole, il a ensuite gentiment dispersé les participants avec quelques gouttes bien placées, avant de saucer complètement les quelques vélorutionnaires obstinés restés sur place, dans l’euphorie de ce moment réussi !

Après tout, on sait qu’il n’y a pas de mauvais temps, mais seulement de mauvais équipements !

place et sécurité pour les vélos: changeons de braquet!


  1. Merci à tous ceux qui ont bloqué les intersections le temps que passe la vélorution ! [return]