par Sébastien Lamy
publié le

Vélorution pour la planète à Pau

Une vélorution, c’est une manifestation revendicative et festive, au cours de laquelle les vélos s’emparent en nombre de l’espace publique, créant ainsi une sécurité inconnue dans des endroits hostiles, et revendiquant une révolution en faveur du vélo dans nos déplacements quotidiens. Ce 4 mai à Pau, la vélorution rappelait que les enjeux de dérèglement climatique et de pollution rendent la mobilité vélo incontournable pour notre avenir.

Le ciel s’est assuré que seul les plus vaillants participent, en imposant une pluie presque continue jusqu’à 15h15, soit 15 minutes après l’heure officielle du rendez-vous place Clémenceau. La centaine de présent.e.s étaient donc venus contre vents et marées, avant d’écouter un bref discours sous la pluie.

C’est seulement après cette épreuve qu’ils ont pu passer une après-midi agréable sans recevoir une seule goutte supplémentaire. Pour les accompagner et fournir quelques explications aux automobilistes immobilisés sur notre chemin, il était prévu de quoi mettre l’ambiance.

image des haut-parleurs

Mais aussi un tract détaillant notre parcours émaillé de revendications. Et puis quelques pancartes !

Plus chauds que le climat, les vélorutionnaires ont filé en direction de la place Gramont, lieu de perdition où le cycliste se retrouve à monter péniblement dans une voie étroite sans espace pour le protéger. De l’espace il y en a pourtant beaucoup sur cette grande place rénovée : stationnement, massifs fleuris, mobilier urbain, station vélo, on a pensé à tout sauf à la sécurité vélo. Le temps de quelques tours, les vélorutionnaires en ont refait un lieu ou il fait bon pédaler.

Et ils ne sont pas partis sans afficher leur verdict !

image des banderoles "ici tout nouveau tout faux" et "protégez mieux les vélos"

« Libérez les cyclistes enfermés dans les voitures ! » a-t-on entendu en route vers le pont du 14 juillet, point névralgique de connexion cyclable.

carte de la connectivité

Ce pont au nom révolutionnaire devait bien être pris d’assaut par les vélorutionnaires! Vu par un cycliste ou un piéton, voici à quoi il ressemble :

image du Mordor avec un pont

Trois voies motorisées et des trottoirs étroits, c’est moins sympa qu’une large zone piétonne avec 2 voies vélos et une voie bus, non ?

image de la vélorution sur le pont

Après le pont, direction la V81, en passant par le petit passage trop étroit qui mène à la toute nouvelle passerelle du soust.

Puis un instant de bonheur avant l’épreuve des marches entre Mazères-Lezons et Bizanos.

Sur les marches, ce n’est que le nombre de cyclistes et leur solidarité qui ont permi à tous de pouvoir franchir cette passerelle qui exclue les plus faibles, mais aussi les usagers de vélo lourd.

Là encore, un verdict sans appel !

Ensuite, retour en ville. Après une montée au son de “Motivés”, direction cours Bosquet.

« Il y a trop de pollution, il faut une vélorution », entendait-on résonner dans les rues enfumées, entre deux morceaux de musique.

Avant d’aborder la place d’Espagne, où la voirie a été refaite à neuf en oubliant les vélos, les vélorutionnaires ont pris le temps d’encourager chaleureusement tous ceux qui avaient déjà opté pour la solution vélo.

Pour l’apéro final et les cacahuètes, il n’y avait pas plus indiqué que le carrefour Alsace-Lorraine ! Rénovation “de façade à façade” proposant aux vélos de s’insérer dans un rond point double voies, ce carrefour valait bien quelques tours.

image des banderoles "ici tout nouveau tout faux", "protégez mieux les vélos", et "changeons le système pas le climat"

Jus de pomme, vin, fruits secs, musique et partie de Molki ont permis de clore vélorution dans la bonne humeur.